
Le krach de la tulipe
Au XVIIe siècle, une tulipe peut valoir une maison. Aux Pays-Bas, la spéculation s’emballe avant un effondrement brutal en 1637.
Stops, sens interdits, feux rouges… Meguy Geneviève connaît tous les panneaux de la vie par cœur, mais à force de persévérance, elle a trouvé le métier qui lui convient : conductrice de poids lourds.
« Quand j'arrive sur un chantier. Les gars me disent que ça fait plaisir de voir une femme au volant. Et on est de plus en plus nombreuses il faut bien le dire. »
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Meguy Geneviève a 19 ans quand elle quitte Cayenne, la capitale de la Guyanne, pour la métropole. La jeune femme de 35 ans s’en amuse encore : « Je suis revenu à la maison avec mon baccalauréat. Mes parents m’ont dit qu’il fallait que je parte en métropole pour poursuivre mes études. » Elle fait ses bagages et s’envole pour Paris dès le lendemain. L’étudiante se sent à l’aise avec les chiffres et s’oriente vers une carrière financière. Vu de Guyane, Paris reste sans doute la ville lumière. Meguy découvre vite que la capitale est en réalité une jungle autrement plus dangereuse que la forêt amazonienne. Le coût de la vie s’avère très élevé et les bourses bien insuffisantes. Il lui faut travailler pour joindre les deux bouts.
Elle passe donc son Brevet d’aptitude aux fonctions d’animateur (Bafa). La formation n’est pas donnée : elle coûte environ 700 € aujourd’hui. Mais Meguy trouve alors du travail dans les centres de loisir : « Je crois bien que j’ai tout fait : périscolaire après les cours, accueil du matin, surveillance de restauration, colonies de vacances. J’ai dû travailler dans toutes les écoles de Choisy ! » Qu’importe, l’argent rentre et lui permet de financer sa scolarité.
Malheureusement, la vie n’est pas vraiment une autoroute. Entre bifurcations, dérapages plus ou moins contrôlés et voies de garage, chacun doit garder la tête froide et adopter une conduite souple. Pour Meguy, l’embrayage tombe en rade dès la fin des études. Avec un master en Banque et marché financier, l’avenir semble radieux. Elle raconte comment le moteur a calé d’un coup : « Pour faire simple, je ne me suis pas sentie à ma place malgré mes compétences. Je ne convenais pas aux codes de ce milieu. Bien sûr, ils sont implicites, mais je voyais bien dans le regard de mes collègues que ça n’allait pas le faire. C’était stressant. » Elle quitte le bureau sans regret.
Elle ne se décourage pas même si les impasses s’accumulent. Elle tente de devenir directrice de centre de loisir. Échec. Elle passe le concours des écoles pour devenir institutrice. Nouvel échec. A 30 ans, elle se braque. Elle n’est toujours pas titularisée comme animatrice après 9 ans de service. Il est temps de tracer la route. C’est chose faite quelques semaines plus tard. Après 3 mois de formation, la Guyanaise passe son permis poids lourds, super poids-lourds et benne. Elle reprend enfin le volant de son existence.
Pas trop difficile d’être une femme dans un milieu masculin ? Meguy n’a pas cette impression : « Quand j’arrive sur un chantier. Les gars me disent que ça fait plaisir de voir une femme au volant. Et nous sommes de plus en plus nombreuses, il faut bien le dire. » Pour autant la conductrice admet que le travail est moins physique qu’avant : « Je n’ai pas de palette à transporter, je n’ai pas de manutention à faire et l’entretien de la mécanique est assurée par un garage. Je change 2 ou 3 ampoules, je vérifie les pneus. Je travaille en semi benne dans les travaux publics. J’arrive sur un chantier, le camion est chargé de terres, de graviers, de matériaux et je vais le décharger. En ce moment, je commence plus à 6h15. Je rentre vers 16 h, ça dépend des missions. » En 5 ans, la conductrice voit tout de même le métier évoluer avec l’arrivée de salariés venus de l’Est de l’Europe. Ils tirent les salaires à la baisse, d’où la nécessité pour elle de faire des heures supplémentaires pour gagner correctement sa vie. La conductrice souligne : « Je pourrais changer d’entreprise demain. Ce n’est pas le travail qui manque mais il faut bien regarder le contrat ! » Elle va renouveler l’an prochain, après 5 ans d’exercice, tous ses permis de conduire. La peur du lendemain en moins.

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