Syrphe : la mouche qui se fait passer pour une guêpe

Difficile de le manquer lorsqu’il reste immobile en plein vol. Derrière son allure de guêpe se cache pourtant une simple mouche. Inoffensif, le syrphe rend de précieux services au jardin.

Syrphe adulte butinant une fleur jaune, un insecte pollinisateur souvent confondu avec une guêpe.

Un insecte jaune et noir s’immobilise quelques secondes devant une fleur. Il ressemble à une guêpe. Par prudence, chacun s’écarte. Puis l’insecte se pose tranquillement pour butiner avant de repartir sans le moindre signe d’agressivité. Vous venez probablement d’observer un syrphe.

Pourquoi le syrphe ressemble-t-il à une guêpe ?

Si tant de personnes confondent le syrphe avec une guêpe, ce n’est pas un hasard. L’insecte a tout intérêt à entretenir le doute. Ses bandes jaunes et noires découragent de nombreux prédateurs qui préfèrent ne pas prendre le risque d’attaquer un insecte capable de piquer.

En réalité, le syrphe ne possède ni aiguillon ni venin. C’est une mouche. Comme toutes les mouches, il ne porte qu’une seule paire d’ailes, alors que les guêpes en possèdent deux. Ses immenses yeux occupent presque toute la tête et ses antennes sont très courtes. Autant de détails qui permettent de le reconnaître lorsqu’on prend le temps de l’observer. Mais son comportement est souvent encore plus révélateur que son apparence.

Un véritable hélicoptère

Le syrphe est un pilote hors pair. Il peut rester parfaitement immobile devant une fleur pendant plusieurs secondes, repartir brusquement en arrière, changer de direction en un instant ou effectuer un vol stationnaire d’une précision étonnante. Peu d’insectes en sont capables.

Cette agilité lui permet de visiter rapidement les fleurs pour y prélever nectar et pollen. Car, contrairement aux idées reçues, l’adulte ne chasse pas les pucerons. Il se nourrit exclusivement de ressources végétales et participe ainsi à la pollinisation de nombreuses espèces du jardin.

Les larves, de véritables ogres à pucerons

Le spectacle se déroule loin des regards. Après l’accouplement, la femelle recherche avec soin une colonie de pucerons. C’est là qu’elle dépose ses œufs, souvent un par un, à proximité immédiate des futures proies.

Quelques jours plus tard, une petite larve translucide éclot. Sans pattes et presque invisible, elle se met immédiatement à chasser. Elle saisit les pucerons, les vide de leur contenu et passe à la victime suivante. Au cours de son développement, une seule larve peut consommer plusieurs centaines de pucerons.

Pour le jardinier, c’est un auxiliaire de premier ordre. Chaque syrphe installé dans le jardin contribue à limiter naturellement les pullulations, sans aucun traitement.

Les fourmis ne gagnent pas toujours

Les fourmis défendent les pucerons dont elles récoltent le miellat. Elles s’attaquent volontiers aux jeunes larves de syrphes. Mais lorsque celles-ci grandissent, elles continuent souvent à dévorer les pucerons malgré cette surveillance. Certaines disposent même d’une sécrétion défensive qui met les fourmis en échec.

Comment attirer les syrphes au jardin ?

Les syrphes apprécient les jardins riches en fleurs, du printemps jusqu’à l’automne. Les ombellifères, comme le fenouil, l’aneth ou la carotte sauvage, figurent parmi leurs préférées. Ils fréquentent aussi volontiers les achillées, les cosmos, les soucis ou encore les marguerites.

Évitez les insecticides, qui touchent autant les auxiliaires que les ravageurs. En laissant une place aux fleurs sauvages et en diversifiant les plantations, vous offrez aux syrphes le gîte et le couvert tout au long de la saison.

Et la prochaine fois qu’un insecte jaune et noir restera immobile devant une fleur, regardez-le d’un peu plus près. Ce ne sera peut-être pas une guêpe, mais l’un des plus précieux alliés de votre jardin.

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