Quand le ramoneur refuse de ramoner

J’avais appelé un ramoneur pour un simple entretien de la cheminée. Après quelques minutes d’inspection, il a pourtant refusé d’intervenir : plaque fendue, conduit rouillé, installation ancienne… Pourtant d’autres professionnels l’avaient ramonée avant lui sans rien signaler. Jusqu’où va le rôle du ramoneur et que doit-il faire lorsqu’il découvre une installation qui lui paraît dangereuse ?

Ramoner sa cheminée : l’opération paraît banale. Je fais venir un professionnel comme je l’ai déjà fait les années précédentes. Cette fois pourtant, rien ne va se passer comme prévu.

À peine arrivé, le ramoneur examine l’insert et s’arrête sur la plaque qui protège le fond du foyer. Elle est fendue. Il regarde ensuite le tuyau de raccordement, rouillé par endroits. Puis son attention se porte sur sa configuration : le tuyau forme un double coude avant de rejoindre le conduit de cheminée.

Le verdict tombe : il ne ramonera pas. La surprise est d’autant plus grande que d’autres professionnels sont intervenus les années précédentes sans jamais refuser le ramonage ni m’alerter sur l’état général de l’installation. Cette fois, le ramoneur estime au contraire qu’il ne peut pas poursuivre son intervention dans de bonnes conditions de sécurité.

Une question s’impose alors : que vérifie exactement un ramoneur lorsqu’il intervient ?

Ramonage et entretien, deux opérations différentes

Depuis le 1er octobre 2023, les règles applicables au ramonage sont précisées au niveau national par le Code de la santé publique.

Le ramonage concerne d’abord le conduit. Il consiste à nettoyer mécaniquement sa paroi intérieure afin d’éliminer les suies et les dépôts et de s’assurer de sa vacuité sur toute sa longueur. Cette obligation concerne également les tuyaux ou conduits qui raccordent l’appareil au conduit de fumée.

Pour une installation individuelle, ce ramonage doit être réalisé au moins une fois tous les douze mois. Des dispositions locales peuvent toutefois imposer plusieurs interventions dans l’année, dont une pendant la période de chauffe.

L’entretien de l’appareil est une opération distincte. Il comprend notamment son nettoyage, la vérification de son bon fonctionnement et, si nécessaire, son réglage. Les conduits destinés à l’arrivée d’air de combustion et à la distribution de la chaleur font également partie des points à vérifier.

Cette distinction est importante : faire ramoner une cheminée ne revient donc pas à faire réaliser un diagnostic complet de conformité de toute l’installation.

Un incendie d’habitation toutes les deux minutes

En France, les sapeurs-pompiers interviennent chaque année sur 60 000 à 70 000 incendies d’habitation. Ces sinistres font plus de 200 morts et plus de 9 000 blessés.

Cela représente en moyenne un incendie d’habitation toutes les deux minutes.

Les statistiques nationales ne permettent pas d’isoler précisément la part des feux liés aux cheminées. La Sécurité civile rappelle toutefois parmi les mesures de prévention la nécessité d’entretenir régulièrement les cheminées. Un feu de conduit peut en effet se propager aux matériaux combustibles voisins et gagner l’habitation.

Sources : ministère chargé de la Santé ; Sécurité civile.

Un ramoneur peut-il refuser d’intervenir ?

La réglementation ne dresse pas une liste des défauts qui entraîneraient automatiquement un refus de ramonage. Elle définit en revanche précisément l’opération que le professionnel doit réaliser et les obligations qui l’accompagnent.

Face à une installation qu’il juge dégradée ou présentant un risque, un professionnel peut donc considérer qu’il ne peut pas effectuer normalement l’intervention demandée. Un tuyau fortement corrodé, une partie détériorée du foyer ou une configuration du raccordement qui lui paraît problématique peuvent l’amener à interrompre son travail et à recommander une vérification ou des travaux. C’est ce qui s’est produit chez moi.

Le ramoneur ne s’est pas contenté de constater l’état du conduit. Il m’a expliqué les différents problèmes qu’il avait repérés et les risques qu’il associait à cette installation.

Son refus ne signifiait pas pour autant que les professionnels intervenus auparavant avaient nécessairement mal travaillé. L’état de l’installation avait pu évoluer et un ramonage antérieur ne constituait pas un certificat de conformité de l’ensemble de la cheminée. Il reste qu’après plusieurs ramonages effectués sans difficulté apparente, le contraste était saisissant.

Ce que doit faire le professionnel

Depuis 2023, le rôle du professionnel est mieux défini. Pour les appareils utilisant un combustible solide, l’entretien ne consiste pas seulement à nettoyer l’appareil. Le professionnel doit également conseiller l’utilisateur sur les améliorations possibles de l’installation et, le cas échéant, sur l’intérêt de remplacer l’appareil, notamment au regard de son rendement et de ses conséquences sur la qualité de l’air.

Après un ramonage effectivement réalisé, une attestation doit être remise au commanditaire dans un délai de quinze jours ouvrés. Elle identifie notamment les conduits ramonés et atteste de leur vacuité sur toute leur longueur.

Cette attestation est à conserver pendant au moins deux ans. Elle constitue la preuve du ramonage. Elle ne doit cependant pas être interprétée comme une certification générale de conformité de l’installation.

Que faire après un refus de ramonage ?

Un refus ne doit pas être considéré comme un simple contretemps avant d’appeler un autre ramoneur qui acceptera, lui, d’effectuer l’opération.

La première chose à faire est de comprendre précisément ce qui motive la décision du professionnel. Quelle partie de l’installation pose problème ? S’agit-il du conduit, du raccordement, de l’appareil lui-même ou de plusieurs éléments ? Des travaux sont-ils nécessaires avant une nouvelle utilisation ?

En cas de doute sur le diagnostic, rien n’empêche de demander l’avis d’un autre professionnel. Mais si l’installation est considérée comme potentiellement dangereuse, continuer à utiliser la cheminée sans avoir vérifié ou corrigé les défauts signalés serait une mauvaise idée.

Dans notre cas, le ramoneur avait vu juste sur un point essentiel : quelques réparations n’auraient pas suffi. Il fallait reprendre l’installation. La cheminée a finalement été refaite et l’ancien insert remplacé. Mais choisir un nouvel appareil pour une maison ancienne s’est révélé être une autre histoire.

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1 réflexion sur “Quand le ramonage tourne court”

  1. Et oui, il y a des jours où on devrait rester au chaud au lit !!
    et oui certains jours on devrait rester au lit bien au chaud !

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